Septième question

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Septième question:

 « Avec tout ce qui se passe dans le monde ( guerres, famine, injustices) comment pouvons-nous garder la foi? Comment découvrir la bonté de Dieu à travers tous ces événements qui se déroulent dans le monde? »

 Réponse:

Je te comprends. Il y a des moments où ça ne marche plus. Il y a trop de ‘contradictions’!On n’arrête pas de dire comment Dieu est bon, comment il nous aime; et dès qu’on ouvre la télévision, on n’arrête pas de voir des meurtres, de la violence, des gens qui se font sauter dans des voitures pleines d’explosifs, des agressions envers des personnes complètement démunis, des millions de pauvres qui meurent de faim comme au Darfour, et quoi encore? Comment continuer à croire en un Dieu qui se ‘contredit’?

Un jour, Jésus marchait vers la ville de Jérusalem. Tout à coup, il s’arrête, regarde la ville de loin et se met à pleurer. C’est impressionnant de voir Jésus pleurer! Pourquoi pleure-til? Réponse de l’évangile :« Ah! Si seulement tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix! (Luc, 19,42). Autrement dit, Jésus constate que les gens de Jérusalem passent leur temps à faire des mauvais choix. Il sent bien qu’en bout de ligne, quelque chose de très malheureux finira bien par se produire. En fait, Jérusalem a été complètement détruite vers les années 70. Cette perspective fait mal à Jésus. Il aime cette ville et ses habitants. Mais, il se dit : Je ne peux quand même pas décider à leur place! Il ne lui reste plus qu’à pleurer comme on le fait parfois devant des grandes catastrophes.

 Voici le problème en-dessous de ta question: Si tu veux que Dieu enlève le mal dans le monde, il va falloir que tu lui permettes du même coup, d’enlever la liberté humaine. C’est vraiment cela l’enjeu. Je suis libre. J’aime ma liberté! Je tiens à tous prix à la garder! Mais, ma liberté me donne la possibilité de faire des choix qui conduisent à toutes sortes de problèmes. À la place de Dieu, quel choix ferais-tu? Enlever le mal ou enlever la liberté humaine?

 Quand tu vois tous ces drames que tu évoquais dans ta question, dis-toi une chose : il y a des personnes quelque part dans le monde qui se servent mal de leur liberté. Pourquoi? Je ne le sais pas. Mais je peux le déduire par les conséquences que je constate.

Dans l’évangile, nous avons même des gens qui ont été tenté d’éliminer tous ces faisant mal. Alors qu’il marchait encore une fois vers Jérusalem, Jésus envoie devant lui des messagers pour préparer son arrivée. Or, ces messagers y rencontrent des gens qui s’opposent violemment à la venue de Jésus dans leur ville. Les messagers reviennent vers Jésus et lui disent : « Seigneur, pourquoi ne ferais-tu pas descendre sur ces gens-là le feu du ciel qui va tous les consumer? (Luc, 9,54). Le Seigneur regarde ses amis et ‘leur fit de vifs reproches’, nous dit l’évangile.

Quand nous constatons tout le temps qu’il faut prendre pour changer le monde, il arrive que nous soyons portés à nous décourager jusqu’à vouloir écraser ces ‘gros méchants’. Ça peut se comprendre! Mais, peut-être vaudrait-il mieux pleurer comme Jésus l’a fait, et choisir de ne jamais répondre à la violence par la violence.

En bout de ligne, je pense qu’il n’y a qu’une seule réponse valable à ta difficile question: apprendre à bien se servir de sa liberté. C’est-à dire : choisir ce qui va faire progresser le monde dans la paix. C’est dans le coeur de chacun et de chacune que commencent les guerres; mais, c’est aussi là que commence la paix. C’est une question de choix! Si, en raison de notre liberté, nous pouvons choisir le mal, sachons qu’en raison de cette même liberté, nous pouvons aussi choisir le bien. Si parfois le défi nous paraît trop difficile, il reste à demander l’aide du Seigneur même en pleurant.

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+ Paul Marchand, s.m.m.

Évêque de Timmins.