Huitième question

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Huitième question:

Question : Comment sais-tu, toi, que Dieu te parle? Comment l’entends-tu? Et où?

Réponse :

Ce qui t’emmène à me poser cette question, c’est sans doute le fait que personne n’a jamais vu Dieu de ses yeux, personne ne l’a jamais entendu de ses oreilles et personne n’a réussi à l’interviewer ou à lui serrer la main. Alors, si des gens disent que Dieu leur parle, nous sommes portés à penser que c’est pure imagination de personnes un peu trop ‘dévotes’ ou trop ‘flyées’.

Établissons d’abord un fait : Tu sais aussi bien que moi qu’il existe un autre monde que celui que l’on touche et que l’on voit. Je fais appel à ton expérience personnelle et à la mienne: quand nous fermons nos yeux et faisons silence, ne fusse que pour quelques minutes, nous découvrons tout de suite qu’il existe en chacun de nous, un monde intérieur tout bouillonnant de nos gênes, de ce que nous avons reçu de notre famille, de ce que nous avons appris à l’école, à l’internet, à la télé ou encore des expériences heureuses et malheureuses que nous avons vécues, des décisions que nous avons prises, des émotions que nous avons ressenties, des rêves que nous portons, etc, etc. Même si je ne vois pas ce monde intérieur, je ne peux pas nier qu’il existe et qu’il m’influence continuellement. Or, c’est d’abord dansce monde intérieur que Dieu se trouve, et c’est de là qu’il me parle. Il m’invite à faire le bien; il me lance des défis et me donne une joie de vivre un peu spéciale même dans des moments plus difficiles.

Comment est-ce que j’entre en conversation avec Dieu? Je te le dis bien simplement : je commence par couper le plus de bruit possible autour de moi et je me dispose à l’écouter. Je lui laisse voir comment il est important pour moi. Puis, je lui présente mes questions, mes désirs, mes rêves avec beaucoup de confiance comme à un bon ami; et lui, de son côté, me fait sentir sa présence qui est toujours pleine d’amour. Ses réponses ne sont pastoujours aussi claires que je l’aimerais. Que veux-tu? Il arrive que je me sente tellement ‘pogné’. Puis, il me laisse toujours ma liberté!… Mais la ligne qu’il m’indique est toujours pleine de bon sens et bonne à entendre.

Comment savoir si je ne me fais pas illusion? C’est parce que ce Dieu de mon monde intérieur m’inspire toujours à aller dans la direction du bonheur, du respect des personnes et des grandes valeurs qui sont déjà ancrées en moi, comme : l’amour, la vérité, le pardon, le service, la générosité, l’engagement, la fidélité etc. S’il fallait que la voix que j’entends m’incite à aller vers le mal, je saurais tout de suite qu’elle n’est pas celle de Dieu. Enfin, je déduis que c’est Dieu qui me parle à cause de la paix profonde qui surgit en moi quand je l’écoute comme il faut, et que j’agis en fonction de ce qu’il me dit au creux de moi-même, dans ma conscience.

J’ajoute ceci : La plupart du temps, quand je veux parler avec Dieu, j’aime me servir de la Parole qu’il nous a révélée : je pense surtout à l’évangile et les autres écrits de la Bible. En écoutant cette Parole (avec un ‘P’ majuscule), je découvre que Dieu n’est pas demeuré dans le lointain, maisqu’il s’est approché de moi dans la personne de Jésus. C’est très riche comme expérience! De plus, il n’y a rien comme cette Parole pour alimenter mon monde intérieur!

Enfin, je sais que Jésus me parle par son Église. Elle a ses défauts, notre pauvre Église! Elle est faite de personnes bien ‘humaines’! Mais, je suis sûr que Jésus l’habite et qu’à travers elle, il me rejoint grâce à son Esprit.

Nous pourrions parler de ce sujet encore très longuement. En résumé, disons que dès que l’on découvre que Dieu réside dans notre monde intérieur et qu’il se révèle par sa Parole et par son Église, la conversation avec Lui peut commencer et se poursuivre longtemps…

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Paul Marchand, s.m.m.

Évêque de Timmins