Troisième question

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Troisième question:

« Pourquoi sommes-nous sur la terre et que pourrions-nous faire pour changer le monde, en faire un monde meilleur? »

 Réponse:

Je remarque que ta question en comprend deux : d’abord, un ‘pourquoi’: Pourquoi sommes-nous sur la terre? Puis, un ‘que faire’ : Que faire pour changer le monde et le rendre meilleur? Tu as sans doute raison de poser ces deux questions en une seule. Après tout, si on est dans le monde, c’est certainement pour quelque chose de positif, de beau, de grand, chacun selon ses dons, ses talents, ses capacités.

Puis, je me dis : malgré toutes les forces de ‘destruction’ que l’on constate dans le monde : les guerres, les violences, les règlements de compte, les meurtres, les agressions, c’est impossible que le désir le plus profond de tout être humain n’en soit pas un de ‘construction’, celui de rendre le monde meilleur, comme tu le dis dans ta question. Autrement, comment pourrions-nous dire que nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, comme dit la Bible? Si Dieu est Amour, il ne peut certainement pas ‘vouloir’ le mal et encore moins se réjouir de ce que le mal existe sur la terre sous toutes sortes de formes. Ça doit être la même chose pour nous…

Hélas! Les faits sont là! Le mal existe! Que veux-tu? L’être humain, à qui Dieu a fait le don de la liberté a choisi, dès le début, de laisser le mal entrer dans son coeur. Aussitôt, les conséquences négatives ont commencé à se manifester. Pensons à Caïn qui est allé tuer son frère Abel. (Genèse, 4, 1-8).

C’est dire qu’on ne pourra pas vraiment changer le monde et le rendre meilleur sans commencer par chercher à s’améliorer soi-même, jusqu’à engager un combat ‘intérieur’ – parfois difficile – contre ces courants négatifs et destructifs qui cherchent parfois à nous envahir. Ces courants remontent plus facilement à la surface lorsqu’on ne se sent pas assez aimé, apprécié ou reconnu par les autres. Mais, l’avantage de ce ‘combat intérieur’, c’est qu’il offre aussi l’occasion de devenir plus forts, d’approfondir encore davantage sa vie spirituelle en développant une plus grande confiance en Dieu et en le priant avec encore plus de sincérité.

Puis, chaque jour, on continue à faire d’autres petits pas avec courage et détermination. Son milieu de vie – je pense ici à sa famille, son école, ses lieux de loisir et de travail –fournit d’innombrables occasions de faire tout de suite des petits ‘quelque chose’ pour changer le monde et le rendre meilleur. Prendre des bonnes décisions, c’est déjà changer le monde.

En cours de route, arrivera le temps de préciser la carrière ou la profession dans laquelle tu voudras t’engager toujours dans le but de rendre le monde meilleur.

Inévitablement, surgira une autre grande question : dans quel état de vie vais-je m’engager? La plupart s’engagent dans le mariage. Mais, un petit nombre s’engage autrement : soit dans la vie religieuse, la prêtrise ou le célibat. On appelle cela : sa ‘vocation’. La vocation, c’est un appel qui vient me chercher beaucoup plus profondément que mon métier ou ma profession. Ma vocation, en effet, oriente ma vie tout entière et l’engage dans toute sa durée et dans tous ses détails. Mais, la motivation profonde demeure toujours la même : changer le monde et le rendre meilleur .

Je termine. Un jour, pendant mes études, je me rappelle d’avoir posé une question semblable à la tienne à un vieux sage que je connaissais bien. Il m’a répondu : « Paul, ne t’inquiète pas! Sois franc et généreux, et tu iras loin dans la vie ». Il avait raison. C’est dans les petits pas de chaque jour, francs, honnêtes, confiants et généreux que tout le reste finit par tomber en place. On ne peut pas tout faire pendant les années du secondaire. Mais,chose certaine, les choix qu’on y fait marquent déjà son avenir et celui du monde que nous voudrions tant rendre meilleur. À vrai dire, l’avenir se trouve dans le devenir. Il suffit donc de ‘devenir’ jour après jour, et le reste finira bien par être plus beau, par être meilleur.

Si ma réponse suscite d’autres questions ou commentaires, partages-les avec d’autres. Si je peux t’être utile, bravo! À la prochaine! Ciao!

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Paul Marchand, s.m.m.

Évêque de Timmins.